Hong Kong : second round

Ahhh Hong Kong, une mégapole au carrefour entre modernité exacerbée et traditions persistantes, une ville coup de cœur qui a su nous charmer il y a déjà quelques années. C’est avec joie que nous avons posé nos sacs pour revivre au rythme de cette ville déroutante.


Si vous n’avez jamais eu l’occasion d’explorer Hong Kong, voici un petit portrait pour vous décider à faire un détour par cette porte sur l’Asie du sud-est, qui arrive toujours à nous surprendre.

Hong Kong de jour

5h30… le réveil ne sonne pas, mais nos yeux sont déjà bien ouverts en raison du décalage horaire. Nous venons de faire 15 heures de vol depuis L.A., et même en nous couchant tard à notre arrivée, pas moyen de faire une nuit complète. Qu’à cela ne tienne, comme dit le dicton : le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt. M. Roucouldoux presse le pas (Mme R. n’étant pas du matin dans tous les cas) pour sortir profiter des premières heures de la ville. Et il a bien raison : pourquoi resterions-nous plus longtemps plantés dans notre chambre de 5m² (littéralement cinq mètres carrés avec douche et WC compris ! Un record depuis notre départ) ?! Nous partons donc déambuler en ville. Première étape : trouver un petit-déjeuner et là, les bons vieux réflexes de vie estudiantine de M. R. (complémentaires avec les problématiques de backpacker) reviennent. « On se prend un truc au 7-Eleven ? » En moins de deux minutes, nous voici en train de déguster un thé au lait glacé et des brioches aux haricots rouges… Un délice si proche de la crème de marron, qui nous avait manqué. Pour cette première matinée, direction Macao où Mme R. n’a jamais mis les pieds, à l’inverse de son homme (plus enclin qu’elle à jouer toute la nuit au casino). La rapide traversée en ferry nous amène au cœur de cette drôle de ville chinoise, ancien comptoir portugais. C’en devient d’ailleurs étrange de croiser des Chinois qui parlent portugais et pas un mot d’anglais. M. R., à travers ses souvenirs de la ville, dévoile à Mme R. émerveillée les plus beaux endroits de Macao (qui n’est pas qu’un Casino géant), tandis que la ville se remplit de Philippins venus faire des emplettes et profiter du week-end. Tout le monde ici se rue pour acheter les célèbres pasteis de nata ou d’autres douceurs. Même si elles ne sont pas aussi bonnes qu’au Portugal, les pasteis sont une étape obligée sur le trajet des Roucouldoux. Autre spécialité de Macao vendue juste à côté des pâtisseries (mais cette fois les Portugais n’y sont pour rien) : de la saucisse chinoise sucrée sous forme de grande crêpe qu’un vendeur coupe au ciseau. Un genre de beef jerky version asiatique ! Moyen pour le goûter mais pourquoi pas à l’apéro…

Les 3 autres journées sont consacrées à notre redécouverte de Hong Kong. Depuis la première fois que nous avons respectivement mis les pieds dans cette mégapole, cette autre « Chine » nous fascine. On ne peut jamais s’y ennuyer, tant il y a de choses à voir, rien qu’en flânant entre les gratte-ciels et les rues. Réputée pour être très polluée, la ville nous offre pour une fois un beau ciel bleu et nous invite à battre le pavé. Plutôt que de simplement retourner dans nos lieux préférés (où nous ne manquerons pas de faire un tour), nous nous concentrons sur la découverte de marchés de rues encore inconnus. Le marché aux fleurs, celui aux oiseaux, celui des poissons et autres reptiles… Il y en a pour tous les goûts. Nous observons les marchands en train d’installer leurs étals et de déballer pour certains les sapins et autres décorations de Noël, car les fêtes approchent à grand pas. M. R. ne sait où donner de la tête en arrivant dans le marché des oiseaux, tant il y a de cages, de piafs et de fientes à immortaliser. Mme R. est quant à elle davantage attirée par le marché de jade (bizarrement), où elle met à profit les talents de négociateur de Monsieur pour compléter sa collection de bijoux.


Mais le quartier qui aura sans doute le plus mis à mal la santé mentale (et le porte-monnaie) de M. R. reste celui de Mongkok, temple de l’informatique, du matériel photographique, téléphonique, bref… tout ce qui possède un circuit électronique. Décidés à faire nos courses de Noël en avance pour les mettre au pied du sapin (comprendre du sac à dos), nous avons dû faire au moins 5 allers-retours dans ce quartier pour finir par trouver l’objet des rêves de chacun. Il aura d’abord fallu retrouver LA boutique (ou pour être exact le centre commercial) où M. R. se souvenait avoir vu du matériel photo, 5 ans auparavant. Et là, malheureusement, la mémoire peut jouer des tours. À chaque boutique où nous rentrions, M. R. s’écriait « c’est là, cette fois c’est bon ! je reconnais les marches d’escalier », pour finalement se rendre à l’évidence qu’il ne s’agissait toujours pas du bon endroit. À force d’acharnement et de questions aux vendeurs, nous avons réussi à retrouver la Mecque et le benchmarking a pu enfin commencer. « Bonjour, vous avez le X-M1 ? et l’OMD EM-1 ? et vous le vendez avec quel objectif ? Et encore une question, je peux essayer mon objectif sur le boîtier du X-E2 ? » Mme R. a donc fait preuve d’une grande patience pour 1) tenter de comprendre tout ce charabia de geek ; 2) aider le pauvre M. R., en plein dilemme devant cette hotte du père Noël gigantesque et ne sachant plus quoi choisir ; 3) supporter les maux de pieds croissants à force de piétiner dans les allées. Heureusement, celle-ci a elle aussi pris intérêt à la discussion, en découvrant à force de regarder les vitrines qu’il existait un petit appareil faisant des photos simili Polaroid, qui iraient parfaitement dans son carnet de voyage… Nous nous sommes donc triturés les méninges tous les jours, jusqu’à retourner la veille du départ acheter le sésame de M. R. (un second boîtier pour « habiller » ses objectifs et arrêter de dire toutes les 2 minutes « il me manque un 2e appareil photo ») et le nouveau joujou de Mme. Autant dire que la CB aura bien chauffé à Hong Kong.

Après tant d’excitation et de neurones grillés à force d’échafauder des plans sur la comète, une pause méditative était plus que nécessaire dans notre parcours. Nous avons pour ce faire préféré retourner visiter nos parcs fétiches sur HK Island, à savoir HK Park et le Nan Lian Garden. Quand le premier offre un trou de verdure au milieu des tours de buildings, le second dévoile au promeneur de magnifiques temples bouddhistes au cœur d’un jardin zen. Deux lieux de repos incroyables où la marche laisse place à la contemplation de l’espace qui nous entoure. Alors la magie de Hong Kong opère : ce syncrétisme entre tradition et modernité, entre agitation permanente et quiétude, tout est à portée de main pour qui veut prendre le temps de l’observer. Mme R. s’extasie sur la taille des carpes du bassin de lotus tandis que son homme immortalise le pont du temple de la perfection absolue. Que demander de plus…

Hong Kong de nuit

La ville prend encore un autre visage de nuit, et semble, à l’image des grandes métropoles asiatiques, ne jamais dormir. Si nous aimons arpenter Hong Kong de jour, nous adorons tout autant les lumières que celle-ci nous dévoile au crépuscule. Pour profiter un peu différemment de la ville (et épargner nos petits petons, épuisés par les heures de marche de la journée), nous partons faire une virée nocturne à bord du tramway. Mode de locomotion traditionnel et un peu vieillot, le tram n’en est que plus plaisant et invite à lever les yeux pour admirer le ballet des néons. Nous avions juste oublié en montant qu’il fallait payer le chauffeur en sortant du véhicule et non à l’entrée, ce qui nous a valu un bon moment d’incompréhension, le chauffeur voulant que nous sortions… Mais à force d’explications (= de gestes), nous avons réussi à rester à bord et même trouver une place assise. On apprend alors à apprécier l’espace autrement, à hauteur des feux tricolores et des enseignes des magasins, tandis que les gens en contrebas défilent dans la rue telles des petites fourmis. Les bâtiments semblent toujours plus grands, chacun rivalisant d’originalité pour faire mieux ressortir les panneaux publicitaires. On en oublie presque de descendre à notre arrêt : Times Square. Même si nous ne sommes pas à New York, ce quartier n’a rien à envier aux avenues commerçantes américaines. Mme R. insiste pour faire un tour dans l’immense centre commercial attenant, juste pour le plaisir des yeux car si l’architecture de ces centres commerciaux est incroyable, les boutiques de luxe (les marques françaises très dignement représentées) avec leur enseigne bling-bling sont difficilement accessibles aux backpackers. « Pourtant ce mini sac Marc Jacobs ne prendrait pas beaucoup de place, non ? » se dit la demoiselle, un peu frustrée de ne pouvoir craquer côté shopping alors que toutes les vitrines scintillent aux couleurs de Noël…


Afin de nous ragaillardir de cette marche, nous partons en quête d’un restaurant. Hong Kong étant une ville cosmopolite, elle a l’avantage de rassembler toutes les cuisines du monde, et en particulier la gastronomie asiatique. En ce qui nous concerne, nous avions une furieuse envie de dim sum (vous savez, toutes ces petites bouchées à la vapeur qui arrivent dans des paniers tout mignons), l’une des spécialités de la cuisine cantonaise. Nous nous sommes donc mis en quête d’un restaurant de dim sum, ce qui n’était pas forcément simple, étant à ce moment-là dans le quartier des canards laqués et autres viandes rôties (à qui on a aussi fait un compte). Nous avons fini par trouver LE resto spécialisé en dim sum qui arbore fièrement les différents prix gagnés aux concours de dim sum (on ne savait même pas que ça existait, mais bon en France, on a bien le concours du meilleur croissant au beurre, alors pourquoi pas ?), mais deux jours plus tard. À « défaut », nous avons entre temps testé un bar à sushi, un resto coréen, une cantine chinoise, un resto de chien (non, c’est une blague… on se le garde pour plus tard)… Bref, on a toujours moyen de se faire plaisir.


Mais nous ne pouvions pas quitter Hong Kong sans un passage obligé sur le front de mer. Et oui, il ne faut pas oublier que la ville s’étend sur la rive continentale de Kowloon et plusieurs îles dont la principale est HK Island, reliée en permanence à la terre par les ferrys et autres jonques naviguant dans la baie. Ce petit trajet nous rappelle combien la mer n’est jamais loin et à quel point elle joue un rôle majeur en ces lieux. Marchands de poisson, petits villages flottants de pêcheurs, les racines maritimes ne sont jamais bien loin. Nous attendons que le soleil se couche pour assister à un spectacle quotidien : à 20 heures précises, la baie s’illumine sous les feux des projecteurs et des lasers, chaque tour créant un jeu d’ombres et de lumières l’espace d’un instant. Demain nous partons pour Bangkok, mais pour l’instant la nuit nous appartient…

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