Kuala Lumpur, kaléidoscope de cultures

Avant d’arriver en Inde, nous faisons escale à Kuala Lumpur, porte d’entrée sur la Malaisie. Quatre jours d’immersion dans une ville où le melting-pot bat son plein et le dépaysement est partout.

Au cœur même de Kuala Lumpur règne la diversité : dans cette mégapole, on parle anglais, malais, hindou, arabe, chinois et toutes les cultures se mélangent d’un quartier à l’autre. Même si notre séjour fut bref, nous vous invitons à découvrir les charmes de cette ville.

Mille et une influences

Dès notre arrivée à l’aéroport de Kuala Lumpur, nous sentons que nous nous dirigeons vers quelque chose de différent. En attendant nos bagages, Mme R. observe les autres passagères : de nombreuses femmes sont voilées avec élégance, d’autres arborent un look plus occidental, certaines sont en sari. Bref, il y en a pour tous les goûts et les traits des visages sont aussi très mélangés. Il n’y a que Mme R. qui ne change pas de style vestimentaire : c’est pantalon zip ou… pantalon zip. Une fois nos sacs sur le dos, nous filons à notre hôtel situé Petaling Street, autrement dit au centre du quartier chinois. Il n’y avait pas mieux pour nous mettre dans le bain : nous nous faufilons tant bien que mal dans les minuscules passages de la rue commerçante, essayons de ne rien faire tomber en frôlant les tréteaux remplis de breloques et de vêtements, et passons un peu de temps à trouver notre hôtel dans ce véritable labyrinthe. On se croirait revenus quelques mois en arrière, dans un marché de nuit à Hong Kong. Sauf qu’à 18 heures, on entend la voix du muezzin résonner pour l’appel à la prière. Car nous voici pour la première fois depuis notre voyage en terre musulmane ! En cherchant des yeux dans le lointain, on aperçoit le dôme d’une mosquée qui confirme notre intuition. Nous descendons un peu plus tard pour dîner et cette fois, nous voici introduits à la gastronomie malaisienne : nous dégustons dans la rue de délicieuses brochettes de viande au satay, avec une sauce aux cacahouètes. Pour une seule après-midi, le choc des cultures est plutôt fort !

Quand l’architecture s’emmêle

Le lendemain, nous partons visiter les principaux quartiers de KL et là encore, le mélange des styles est au rendez-vous. Quittant notre Chinatown, ses petites échoppes et ses temples où brûlent des guirlandes d’encens, nous marchons vers le centre historique de KL et la place de l’Indépendance. Au milieu des bâtiments plus coloniaux à l’architecture européenne se dressent fièrement des mosquées, un palais digne des contes persans, des façades de maisons hollandaises et des places décorées par de magnifiques jeux d’eau. Il y a même un Little India mais nous avons décidé de faire l’impasse, compte tenu du programme des jours à venir. On a du mal à identifier un style architectural propre à la ville, tant il y a de mélanges. Mais le contraste ne s’arrête pas là. Pour nous reposer de la chaleur étouffante de la fin de matinée, nous décidons d’aller nous promener dans un parc réputé pour ses espèces d’oiseaux rares (un parc spécialement choisi pour M. R., qui a pu s’adonner à son passe-temps favori : la photographie de volatiles… autrement plus intéressants ici que les pigeons parisiens). Là encore, le subtil agencement entre le béton de la ville ultramoderne et la végétation des espaces verts nous rappelle une autre ville chinoise… Il suffit d’aller s’isoler un moment au cœur de ces jardins fleuris et peuplés d’animaux pour se ressourcer et oublier la frénésie du monde urbain. Nous finissons la balade en allant voir le centre des affaires et du shopping de KL : au cœur de Bukit Bintang et de KLCC, les tours jumelles de Petronas dominent tous les autres gratte-ciels et chaque centre commercial semble essayer de rivaliser avec son voisin par sa beauté, ses éclairages et le ballet des escalators. Mme R. désespère à nouveau de ne pouvoir rien acheter dans ce temple de la mode, mais en tour du monde, on ne fait pas toujours ce qu’on veut. Dure dure la vie de globetrotteuse 🙂

Un parfum d’Iran

Pour nos deux derniers jours à KL, nous avons la chance d’être accueillis par deux universitaires iraniens, installés depuis quatre ans en Malaisie pour leurs études. En arrivant chez Reza et Nader, nous sommes tout de suite mis à l’aise. Nos hôtes nous offrent des boissons rafraîchissantes et nous commençons à discuter de nos familles respectives, nos métiers, notre voyage. Nader, professeur d’anglais, ne se lasse pas de questionner Mme R., non content de trouver une collègue et de pouvoir comparer le fonctionnement de leurs systèmes scolaires respectifs. Nous les interrogeons sur leur situation à KL et la place des étrangers dans cette ville plurielle. Il n’est pas si facile pour eux de se mêler à la population au quotidien, car la provenance de leur passeport semble être un frein à leur intégration. Mais étudier à KL reste toujours une meilleure opportunité que rester en Iran, nous expliquent-ils. De même, la politique d’une Malaisie plurielle unie sous une seule identité – on voit passer de nombreux panneaux publicitaires sur lesquels apparaissent des personnes de toutes origines avec pour slogan « je suis malaisien » – ne fonctionne pas aussi bien. Nader nous apprend lors d’un trajet en ville : « vous savez, l’ancien Premier Ministre, au pouvoir 22 ans, a énormément contribué au progrès du pays. Tout le monde l’aime ».

Nous profitons de ce temps passé avec Reza et Nader pour en apprendre plus sur la culture iranienne, à commencer par sa délicieuse cuisine, car nos hôtes mettent les petits plats dans les grands. À notre habitude, nous cuisinons aussi français le dernier soir pour les remercier et parfaire cet échange des cultures. Mais le partage se fait aussi autour de la musique, tantôt française (Nader nous avoue être fan de Lara Fabian !), tantôt iranienne (nous découvrons avec grand plaisir la musique classique persane). Nous finirons la soirée en regardant des photos et des vidéos sur les régions natales de nos amis : nous aurons eu un aperçu haut en couleur de l’Iran sur ces deux jours, et espérons pouvoir un jour rendre visite à nos hôtes dans cet incroyable pays !

Quatre jours à Kuala Lumpur, c’est riche et très court à la fois : on fait le plein d’émotions, de sensations éphémères, d’aperçus, mais on ne fait que frôler la surface des choses. Décidément, voyager un an ne suffit pas à combler nos envies d’ailleurs.

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