Partir au Tibet : mode d’emploi

Organiser un voyage au Tibet semble souvent très compliqué et beaucoup de fausses idées circulent à ce sujet. Pourtant, aujourd’hui, il n’a jamais été plus facile de se rendre dans cette région de Chine. Les Roucouldoux vous livrent leur mode d’emploi pour partir dans de bonnes conditions.


Si jusqu’ici la liberté et l’improvisation avaient une part importante dans la construction de notre périple, il n’en va pas de même avec un séjour au Tibet. Pour pouvoir réaliser ce rêve et s’approcher du toit du monde, il nous aura fallu planifier bien en amont notre visite et passer par une agence pour organiser notre itinéraire.

Toutes les informations communiquées ci-dessous sont valables pour le mois de mai 2014. Sachez que la législation concernant le Tibet change régulièrement, vous devrez donc impérativement vérifier la politique en vigueur au moment où vous prévoyez de partir. Pour plus d’informations, vous pouvez consulter le site suivant très bien documenté et régulièrement mis à jour : http://www.atoutibet.com/preparer-son-voyage.php

1) Aller au Tibet : où, quand, comment et avec qui ?

Pas un Tibet mais des Tibet… Quand on pense au Tibet, on imagine tout de suite Lhassa, le palais du Potala, les moulins de prière et les robes rouges des moines avec l’Everest en arrière-plan. Mais le Tibet ne se réduit pas à ces quelques clichés, il existe d’autres sites tout aussi intéressants et moins connus tels que le lac sacré de Namtso, le patrimoine du village de Jiaju, le festival de Saga Dawa… En bref, il y en a pour tous les goûts, selon les régions du Tibet que l’on souhaite visiter.

Pour faire simple, le Tibet est séparé en deux parties, régies par des lois différentes pour les touristes étrangers (sinon ce serait trop facile) : le Tibet central et le Tibet oriental.

Le Tibet central (Ü-Tsang) correspond à la Région Autonome du Tibet : autrement dit, l’entrée d’un étranger dans cette zone est très règlementée par les autorités locales. Ici, le fameux permis Tibet sert de sésame et il est hors de question d’espérer rentrer au Tibet central en fraudant, sauf à aimer fréquenter les geôles chinoises… Malgré les contraintes imposées, vous aurez la chance de voir par exemple Lhassa et les plus hauts lieux saints du bouddhisme tibétain.

Le Tibet oriental (Amdo et Kham) recouvre d’anciennes provinces tibétaines réparties sur les provinces chinoises du Sichuan et du Qinghai principalement. Dans les zones ouvertes aux étrangers, il n’y a aucune règlementation particulière en dehors du visa chinois classique. À vous la liberté de vous déplacer au gré de vos envies, au travers des grandes prairies et d’aller à la rencontre des nomades.

Il existe toujours des zones du Tibet inaccessibles aux étrangers de façon permanente ou ponctuelle. Il s’agit en général de régions frontalières ou sensibles (ex. : Chamdo, comté de Sertar, etc.).

En ce qui nous concerne, nous nous sommes dit que s’il fallait aller au Tibet au moins une fois dans notre vie, nous préférions voir Lhassa et ses alentours. Mais notre agence Atoutibet nous a aussi proposé de rajouter dans notre programme un détour par l’Everest, le lac Namtso et le monastère de Ganden. De quoi avoir un bon aperçu du Tibet central !

La meilleure période… Vous aviez prévu de prendre vos congés en mars, en dehors des vacances scolaires pour faire une escapade au sommet de l’Everest ? C’est bien dommage, car c’est LE mois à bannir pour aller au Tibet central, les demandes de permis étant automatiquement rejetées, suite aux troubles politiques de mars 2008 (de peur que de nouvelles représailles n’éclatent à cette date anniversaire). De toute façon, la météo est encore bien trop fraîche à cette période, il n’y a donc pas de regret à avoir. Mieux vaut viser les mois d’avril, mai et septembre où les températures sont agréables et où vous laisserez votre parapluie au placard. Il reste encore juillet-août mais c’est la haute saison touristique et vous paierez nettement plus cher vos billets d’avion ou de train.

Nous partons du 8 au 20 mai et avons commandé le soleil. On prévoit quand même d’avoir froid au camp de base de l’Everest.

Par la Chine ou par le Népal… Si vous allez à Lhassa en passant par une autre région de Chine, vous prendrez soit l’avion, soit le train. Dans les deux cas, le permis Tibet vous sera demandé avant de monter à bord et même en amont lors de la réservation (ce qui complique beaucoup la donne). En général, on conseille aux voyageurs venant directement de leur pays d’origine de d’abord faire escale en Chine (à Chengdu ou Pékin par exemple, où les aéroports internationaux desservent aussi fréquemment Lhassa) pour récupérer leur permis en main propre avant de se rendre au Tibet. Si vous passez par le Népal, vous avez le choix entre la route et l’avion. Là encore, il faudra vous procurer en avance les documents nécessaires pour ne pas être bloqué au poste frontière.

Nous avions prévu de passer 15 jours au Sichuan avant le Tibet. Pas de souci par conséquent pour récupérer notre permis avant de monter dans le train Chendgu-Lhassa.

En solo ou à plusieurs… Plus besoin d’être un groupe d’au moins 5 personnes de même nationalité pour aller au Tibet. Aujourd’hui, vous pouvez très bien aller au Tibet central tout seul, enfin presque tout seul car vous serez toujours accompagné de votre guide local. Néanmoins, voyager dans un groupe (de 4 à 12 personnes en moyenne) permet de faire baisser les coûts des frais sur place (guide, hébergement, transport), même si vous perdez un peu de souplesse dans le choix des dates. À vous de voir la formule que vous préférez.

Un voyage en couple aurait été bien trop onéreux dans notre budget de tour du monde. Si nous avons pu inclure le Tibet à notre itinéraire, c’est grâce à l’agence qui a pu nous associer à un autre groupe de voyageurs.

2) Les documents à fournir

Un visa… Le Tibet fait partie intégrante de la Chine, il est donc au préalable obligatoire de faire une demande de visa de tourisme chinois avant d’entrer dans le territoire. La Chine ne plaisante pas du tout avec cette procédure, et n’imaginez pas pouvoir faire votre visa à l’arrivée au poste frontière, comme cela pourrait se faire au Laos ou au Népal. Un visa à entrée simple suffit (sauf si vous prévoyez de sortir du territoire puis d’y revenir) et peut s’obtenir aisément 3 mois à l’avance auprès de l’ambassade de Chine dans le pays où vous résidez. Si vous prévoyez d’aller au Tibet oriental, vous n’aurez pas besoin de document supplémentaire.

L’entrée par la route via le Népal ou la Chine est un cas plus particulier : il vous faudra obtenir un visa de « groupe » chinois, différent du visa classique. Ce document s’obtient par l’intermédiaire d’une agence locale.

Étant de passage à Katmandou avant notre arrivée en Chine, nous avons effectué notre visa là-bas. En général, une procédure de demande de visa prend entre 4 et 7 jours. Nous avons eu quelques frayeurs car nous avons été pris de cours par le temps, mais sachez que les procédures « express » existantes ne sont pas toujours évidentes à obtenir et font grimper l’addition.

Des permis… Selon les régions où vous voyagerez au Tibet, vous aurez besoin de différents permis. Grosso modo, plus vous irez dans des zones reculées ou spécifiques, plus vous multiplierez la paperasse mais rassurez-vous, ce sera votre agence qui s’occupera de faire les demandes !

Le « permis Tibet » est le permis de base, nécessaire pour se déplacer dans tout le Tibet central. Il ne peut en aucun cas s’acheter (ou alors c’est illégal) et ne peut être obtenu que par l’intermédiaire d’une agence chinoise (même avec votre plus beau sourire, ça ne marchera pas ; prévoyez donc de fournir à votre agence les scans du passeport et du visa à temps). Ce document est en réalité toujours associé à un ensemble de services obligatoires pour les touristes étrangers (détaillés dans la partie suivante).

Pour corser un peu l’affaire, l’agence n’a le droit de déposer la demande de votre permis que 3 semaines avant votre arrivée, car le bureau du tourisme au Tibet n’accepte pas les demandes plus tôt ! Il faut compter ensuite 1 à 2 semaines de délai avant la délivrance dudit document, donc pas de panique si vous ne recevez votre permis Tibet que dans les derniers jours avant votre départ.

Le « permis Everest » est à demander en supplément si vous envisagez de vous rendre dans la zone de l’Everest et ses alentours (comté de Tingri).

Le « permis militaire » permet quant à lui d’aller dans certaines zones plus reculées du Tibet, en particulier la préfecture de Ngari (mont Kailash).

Pour notre séjour, nous avons besoin du permis Tibet bien sûr mais aussi du permis Everest puisque nous passerons quelques jours au camp de base. À nous le monastère de Rongbuk, lieu saint bouddhiste le plus haut du monde !

3) Les contraintes pour un touriste voyageant au Tibet

Nous rappelons que les touristes souhaitant se rendre au Tibet oriental ne sont soumis à aucune contrainte particulière. En revanche, il n’en va pas de même pour le Tibet central, plus restrictif.

Un guide local… Dès lors que vous voulez visiter un site culturel à Lhassa ou en dehors de cette ville, vous devez être systématiquement accompagné par un guide local. Voyez le bon côté des choses : vous serez incollable à votre retour sur l’architecture des monastères bouddhistes.

Un transport privé… Les transports locaux n’ont pas le droit d’accepter de touristes étrangers à bord. Vous aurez donc le privilège d’avoir votre propre véhicule durant tous vos déplacements hors de Lhassa, ce qui n’est pas plus mal vu l’état de certaines routes tibétaines.

Un hébergement agréé… Vous pensiez faire du couchsurfing au Tibet ou tester l’hébergement chez l’habitant ? Allez pour cela en Asie du Sud-Est. Au Tibet, vous serez logé uniquement dans des hébergements prévus pour le tourisme étranger (hôtel, chambre d’hôte, auberge de jeunesse, etc.). Certes, l’authenticité en prend un coup mais vous aurez sans doute un peu plus de confort (détail à ne pas négliger lorsqu’il fait froid).

Un itinéraire détaillé… Que vous passiez à Lhassa ou ailleurs, vous devrez fournir un itinéraire très précis de votre séjour au Tibet, et qu’il faudra respecter à la lettre. Si vous ne précisez pas à l’avance toutes vos visites, vous risquez de voir votre demande de permis Tibet refusé. Attention à ne rien oublier ! Bien sûr, le permis Tibet est valable pour une durée limitée (n’imaginez pas pouvoir payer une petite amende forfaitaire pour rester un jour de plus).

Pour la première fois dans notre tour du monde, nous aurons un voyage entièrement organisé de A à Z ! Plus besoin de réfléchir où dormir le lendemain et se renseigner sur les horaires de bus locaux. Enfin des vacances !

4) Pourquoi passer par une agence ?

Vous l’aurez compris, même si vous préférez voyagez par vos propres moyens, vous serez obligé à un moment ou à un autre de passer par l’intermédiaire d’une agence pour aller au Tibet central. Celle-ci est effectivement à votre service pour vous faciliter vos démarches et vous permettre de préparer votre séjour plus sereinement. Reste à choisir la bonne agence.

L’agence locale… Il vaut mieux préférer une agence basée en Chine pour de multiples raisons. Tout d’abord, seules les agences locales sont habilitées à demander officiellement le permis Tibet. Autrement dit, si vous choisissez une agence française, elle ne fera que sous-traiter la demande et vous facturera plus cher le service. Vous évitez donc les intermédiaires et obtiendrez des tarifs plus compétitifs. D’autre part, en cas de problème pendant votre voyage, votre prise en charge sera plus aisée, l’agence étant déjà sur place pour gérer ce type d’aléas. Enfin, une agence locale pourra vous proposer un vrai sur-mesure, ayant une capacité de réponse plus rapide à vos besoins.

La délivrance du permis… C’est bien l’agence que vous aurez choisie qui se chargera de faire la demande de permis Tibet pour vous, et vous remettra ledit document en temps voulu (soit en main propre si vous passez par la Chine, soit une copie par mèl).

L’achat des billets de transport… Si vous voulez réserver un billet d’avion pour Lhassa (étant donné qu’il faut fournir l’original du permis Tibet), il est plus simple de passer par une agence. La réservation de billets de train par vous-même est quasi impossible, en raison des spéculations sur les prix faites par les agences chinoises spécialisées dans la revente de billets. Les prix doublent voire triplent entre avril et septembre et pour pimenter l’affaire, la vente des billets n’est ouverte que 3 semaines avant la date de départ (au moment où votre permis Tibet est dans les tuyaux) !

L’encadrement… L’agence vous suivra du début à la fin pendant tout votre séjour. Cela prend également en compte les éventuels problèmes de santé pouvant être causés par le mal de l’altitude. En cas de nécessité, l’agence fournit des bouteilles d’oxygène et peut également vous demander de redescendre à une altitude inférieure, le temps que les symptômes disparaissent. Il n’y a pas de préparation spécifique à avoir pour se rendre au Tibet.

Nous avons choisi de passer par l’agence franco-chinoise Atoutibet pour deux aspects : c’est une agence locale spécialisée dans le voyage au Tibet, proposant des tarifs très compétitifs. Mais c’est aussi une agence à taille humaine, soucieuse d’offrir un service de qualité et de s’adapter aux besoins de sa clientèle, avec laquelle nous avons eu un excellent contact. Vous pouvez visiter leur site web en cliquant ici : 

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