Et si l’on repartait en tour du monde…

Plus de deux mois se sont écoulés depuis notre retour en France : le temps de faire le bilan sur le voyage, de réfléchir à ce qu’on a vécu, de se demander si on serait capable de racheter un billet et de repartir dans la foulée… Et si les Roucouldoux faisaient un deuxième tour du monde, ça donnerait quoi ?


N’allez pas croire que voyager pendant un an a calmé nos envies d’ailleurs. C’est comme les vacances : dès qu’elles finissent, on pense déjà aux suivantes. Oui, mais voilà, après avoir roulé notre bosse pendant un an et s’être plaints de nos gros sacs à dos, il peut être intéressant de se projeter à nouveau et de voir comment nous voyagerions, forts de notre première expérience.

1) L’itinéraire et la durée

Ahhh qu’il est difficile le moment de choisir les pays sur la carte du monde à mettre dans la catégorie « À faire » ou « à éviter ». En fait, pour être juste, on devrait rajouter une nouvelle catégorie : « déjà fait » (les vantards). Même quand on se projette dans un second périple, le choix des pays est toujours aussi important. Est-ce qu’on repasse par la Bolivie pour regoûter au combo fatal riz-frites-pâtes ? S’arrête-t-on à Bangkok pour tester nos talents de négociateur auprès des chauffeurs de taxi roublards ? Ou bien part-on à l’aventure vers de nouvelles terres inconnues ? Si nous n’avons pas encore trouvé la wishing list de nos pays à visiter, nous avons au moins retenu une leçon de notre tour du monde : voyager plus lentement.

En effet, même en se forçant à ralentir le pas et rester plus longtemps à chaque endroit, nous avons eu le sentiment de courir et de ne pas suffisamment profiter de l’ambiance de chaque lieu visité. Pour bien faire, il aurait fallu rester au moins plusieurs semaines à l’île de Pâques pour être imprégné de sa douceur de vivre (et se transformer en Moaï, à force de ne manger que des pâtes au thon), un mois à Kyoto pour devenir un vrai fan des Geishas du quartier de Gion (et ne dormir que dans des sleeping capsules, pour économiser les derniers yens), un an en Inde pour comprendre le panthéon des dieux hindous (et laisser le temps à M. Roucouldoux d’avoir une moustache digne de ce nom). Bref, pour bien voyager, il vaut mieux en voir moins, et par conséquent se limiter à quelques pays. Nous avons à plusieurs reprises croisé des gens nous expliquant qu’ils étaient totalement réfractaires à l’idée d’un tour du monde, et qu’ils préféraient ne se consacrer qu’à un ou deux pays… Nous comprenons désormais leur démarche ! Et avouons-le, il est plaisant de se poser dans un endroit pendant plusieurs jours sans avoir à se préoccuper de son logement ou de son prochain itinéraire, au lieu de concurrencer nos amis chinois dans leur course frénétique pour voir tous les temples d’Angkor en un jour. C’est pourquoi nous reconnaissons non sans quelque honte notre joie de n’avoir tout simplement rient fait à Luang Prabang (à part manger des baguettes et des croissants), à Hô Chi Minh (trop occupés à siroter un café sua da), ou à Katmandou (à déguster nos œufs Kinder pour le dimanche de Pâques dans un jardin public… oui on sait, nos exemples sont tous reliés à une expérience culinaire, et alors ?!). Il faut donc résister au désir de vouloir tout voir, et accepter que certains coins d’un pays ne seront probablement jamais explorés. Quant à partir plusieurs mois ou plusieurs années, tout dépend de votre personnalité et de vos finances…

2) Comment voyager ?

Si nous voulions repartir, accepterait-on de reporter un sac à dos d’une quinzaine de kilos sur le dos (même si en réalité, nous l’avons très peu porté) ou opterions-nous pour un sac-valise, comme c’était le cas de certains de nos amis voyageurs ? Ou pour aller encore plus loin, pourquoi ne pas changer son mode de transport et partir en camping-car ou en bateau ? S’il fallait repartir en portant nos affaires sur le dos, nous reprendrions à coup sûr nos « Big Fat Packs © »… car nous n’avons pas encore trouvé plus pratique pour tout ranger et nous obliger à nous en tenir au strict minimum. Alors oui, Mme R. a fait plusieurs crises durant l’année, ne supportant plus de porter les mêmes vêtements (et regrettant son immense dressing où elle ne savait jamais quoi choisir le matin) et de devoir renoncer à sa féminité sous le regard perplexe de Monsieur (qui pour sa part ne voyait aucun problème à porter le même pantalon zip pendant tout son voyage). Mais il y a par moments une vraie satisfaction intérieure de constater que l’on est capable de vivre aussi avec 3 fois rien et qu’en fait, c’est amplement suffisant.

Après avoir goûté aux joies de la vie en camping-car, nous nous disons qu’il serait plaisant de tenter l’aventure avec un moyen de transport nous appartenant (vélo, voiture, moto, caravane… nous avons éliminé l’option « bateau », Mme R. étant trop sujette au mal de mer). Certes, le voyage serait totalement différent car on ne peut pas aller partout selon le type de véhicule choisi (on évite par exemple tous les centres-villes en camping-car, sauf à se retrouver bloqué dans une rue étroite, guidé par un GPS mal intentionné). Mais c’est aussi cela l’aventure et le moyen de transport peut devenir un élément fédérateur des rencontres. Combien de personnes sont venues nous aborder, discuter, prendre en photo le camping-car des parents par simple curiosité ? On se souviendra toujours des passages de frontière en Argentine, où l’on se demande encore si les douaniers demandaient à inspecter le véhicule et les soutes pour raisons purement professionnelles… Nous avons parfois regretté de ne pas avoir pu rencontrer des habitants du pays autant qu’on le souhaitait, car en voyageant comme nous l’avons fait, on rencontre surtout beaucoup d’autres voyageurs. Un véhicule vous oblige souvent à prendre davantage le temps (et pour cause, vous ne dépendez plus des autres pour vous déplacer), à passer dans des trous pommés et c’est souvent là qu’ont lieu les rencontres les plus incroyables. Le souci, c’est que quel que soit le véhicule choisi, il faut être un peu beaucoup débrouillard et là-dessus, nous n’avons pas encore nos diplômes de mécaniciens experts en système D. Quelques semaines de formation dans un terrain connu seraient donc utiles avant de se lancer dans le grand bain.

Reste enfin à savoir avec qui l’on souhaite partager cette aventure… Sachez que M. R. aurait tout à fait été capable de partir seul (du moins c’est ce qu’il prétend), mais il ne l’a pas fait parce que Madame a 1. accepté de le suivre de bon cœur ; 2. l’aurait détesté de partir sans elle ; 3. lui aurait réservé un accueil rock’n roll pour son retour (dormir sur le paillasson). Certains préfèrent partir en solitaire, étant aussi plus sûrs de rencontrer du monde sur la route car une personne seule attire toujours la sympathie ou a minima la curiosité. D’autres préfèrent partir avec une personne et revenir avec une autre ou tout seul (l’histoire ne dit pas ce qu’il est advenu du partenaire…). Personnellement, nous avions envie de vivre ce voyage à deux, pour pouvoir avoir des souvenirs à partager, savoir sur qui compter en cas de coup dur et vérifier qu’on pouvait se supporter 24 heures sur 24. Au bout du compte, nous n’avons jamais regretté ce choix et sommes encore plus soudés qu’avant (oui, le mal des montagnes et la gastro, ça rapproche). Nous sommes même convaincus que si nous repartons, nous le ferons sans doute à plusieurs (d’où le véhicule pour transporter ce petit monde), afin de faire partager cette belle expérience et donner le virus du voyage à nos bambins. En plus, pour l’avoir vu de nos propres yeux, les gens sont souvent plus bienveillants vis-à-vis d’un couple avec des enfants, que sans… Alors pourquoi s’en priver ? Bien sûr, cela demande d’adapter un minimum le parcours mais au moins, on ne fera pas le même tour du monde !

3) To blog or not to blog ?

Pratiquement tous les gens croisés en voyage au long cours avaient un blog (ou au moins une page Facebook ou une newsletter). On se dit au départ que c’est le meilleur moyen pour tenir au courant la famille et les amis. Et pourtant, tenir un blog au quotidien n’est pas chose facile. On peut même reconnaître que c’est très chiant (surtout quand on s’arrache les cheveux à vouloir uploader un article avec une connexion pourrie à 4h du matin, quand il n’y a personne de connecté) et qu’on a perdu un nombre d’heures incroyable à vivre enfermés dans notre chambre d’hôtel ou sur la terrasse au lieu d’aller se promener, ou tout simplement discuter avec les gens. Le paradoxe du blog, qu’en général vous tenez à jour pour donner des nouvelles à votre entourage, c’est que celui-ci vous coupe du monde et de toute vie sociale pendant une bonne partie du voyage. Mais c’est le prix à payer pour pouvoir donner des nouvelles régulières, trier les milliers de photos et de vidéos prises et mettre en forme vos souvenirs. Tout dépend donc de l’importance que vous voulez donner à cet espace de communication dans votre voyage, puisqu’il occupera une place à part entière et demandera inévitablement du temps. Est-ce simplement un espace de stockage de vos photos avec quelques posts rapides ou cherchez-vous à créer autre chose, qui ait un but peut-être plus professionnel ?

Au départ, nous projetions de nous lancer aussi dans l’univers du blog en voulant rédiger des billets non pas sur tout ce qui se passerait en voyage, mais uniquement sur les anecdotes drôles nous arrivant en cours de route. Mais de fil en aiguille, en commençant à monter Pack2life, nous avons eu envie d’aller plus loin et de nous servir de cet espace comme un lieu de création et de jeu où nous pourrions écrire, filmer et photographier des sujets tout en faisant sourire les gens, y compris des personnes que nous ne connaissions pas. À force de vouloir bien faire, nous en sommes venus à relever le pari d’obtenir des sponsors (et pourtant on était loin de penser que nos pitreries séduiraient des entreprises…). Et au bout du compte, toutes nos nuits blanches passées derrière l’ordinateur nous ont offert de superbes souvenirs (aller au Tibet n’aurait jamais eu lieu sans le blog), de réaliser nos rêves (M. R. est devenu acteur studio de film de kung-fu l’espace d’une vidéo), de rencontrer et d’échanger avec des inconnus tout aussi passionnés par le voyage (un grand merci à nos fans anonymes qui nous suivent et ont envie de voyager grâce à nos textes). Et il faut reconnaître que le blog a aussi aidé à structurer notre quotidien, car lorsqu’on part aussi longtemps sans travailler, on aime retrouver un cadre un peu formel nous obligeant à nous asseoir et faire le point dans notre parcours (M. R. n’a cessé d’appeler le blog nos « devoirs de vacances », c’est vous dire…). Autrement dit, nous ne sommes pas prêts de lâcher ce « bébé » et même si nous ne voyageons plus pour l’instant, nous n’avons pas dit notre dernier mot.

En définitive, maintenant que nous avons fait un tour du monde, est-ce que nous optimiserions plus notre voyage ? Faut-il tout calculer pour en profiter encore plus ? Rien n’est mois sûr. Nous avons découvert qu’il y a un réel plaisir à se tromper et faire des choses que l’on regrette sur le coup mais qui resteront les meilleures histoires (sans l’arrêt à Songpan en Chine, nous n’aurions jamais eu de déboires avec nos CB et devoir quémander pour échanger 20$ à un Chinois afin d’acheter nos billets de bus et 4 bols de nouilles). Et de toute façon, le voyage a prouvé que nous étions très mauvais pour optimiser nos trajets et que nous n’avons plus d’argent pour repartir… Il va encore falloir attendre un peu pour le 2e tour du monde mais nous repartirons, c’est sûr !

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