La vie secrète des animaux

Pour arriver jusqu’à la péninsule de Valdés, première étape de notre road-trip en camping-car, il nous aura fallu faire 1700 kms de route vraiment très droite. Mais l’endroit vaut le coup d’œil : nous en profitons pour vous dresser le bestiaire des animaux les plus insolites que nous avons croisés.

La péninsule de Valdés regorge de vie, tant dans ses eaux poissonneuses que sur terre. Il n’y a qu’à regarder autour de soi pour découvrir une nouvelle espèce de rapace, un petit rongeur… Autant vous dire que M. Roucouldoux n’a cessé de dégainer appareil photo et caméra, se lançant dans une chasse photographique effrénée.

Les baleines

Qui n’a jamais rêvé de croiser les plus gros mammifères du monde (ailleurs que dans Thalassa) ? Nous savions, en arrivant à Valdés, que le calendrier serait favorable puisqu’il coïncidait avec le moment où les baleineaux apprenaient la brasse coulée à l’abri dans la baie. Plusieurs options se présentaient à nous pour aller observer de plus près cet événement : au chaud à l’intérieur d’un musée (pas la peine de venir d’aussi loin pour cela), au frais dans un kayak biplace (trop de vent, de houle, trop de trouille), et enfin au sec à bord d’un petit bateau avec 50 autres curieux (meilleur compromis d’après Mme Roucouldoux). C’est donc par un matin frisquet mais ensoleillé que nous sommes partis rencontrer ces géants des mers. Si les baleines peuvent paraître intimidantes par leur taille, elles n’en sont pas moins très douces et même joueuses. Nous avons ainsi pu approcher et admirer un baleineau de 3 mois, qui tournait autour de la coque du bateau. Enfin quand on dit baleineau, il faut imaginer « l’engin » : même tout jeune, cet animal fait déjà 8 mètres de long et paraît énorme… Quand on voit quelques minutes plus tard la mère sortir la tête de l’eau pour respirer, on croirait assister à la sortie d’un sous-marin. Le tout se déplaçant avec grâce et légèreté, pour finir par un mouvement de queue sans faire de vague. Nous sommes rentrés après plus d’une heure et demie de spectacle magique, les yeux tout pétillants d’émotion ou d’iode.

Les lions de mer

Dans la famille des flemmards, je demande le roi : le lion de mer. Il paraît que ces cousins des otaries très curieux adorent venir jouer avec les plongeurs et leur mordiller les palmes. Ceux que nous avons vus étaient sans doute en pleine heure de la sieste, car ils se doraient tranquillement la pilule sur un rocher, affalés les uns sur les autres et formant un gros tas. Mais ils n’en avaient pas moins une frimousse sympathique, avec leur moustache et leur œil de brave toutou. N’oublions pas malgré tout qu’ils pèsent quand même jusqu’à 800 kilos, on peut donc les excuser de ne pas vouloir faire trop de mouvement inutile sur la plage. En revanche, quand un orque rode dans les parages, ils daignent enfin déguerpir…

Les éléphants de mer

L’éléphant de mer porte bien son nom, tant pour son nez en forme de trompe ratatinée que pour son poids, puisqu’il dépasse allègrement les 3 tonnes. Lui aussi ne se déplace que très peu et très maladroitement sur terre. Mais ne vous y fiez pas : c’est un redoutable plongeur. Il peut descendre à plus de 1500 mètres de profondeur (là où les baleines restent à 300 mètres) pour aller pêcher les nautiles et autres mollusques des abysses. Grâce à son museau de compétition, l’éléphant de mer peut donc, en mer, mieux renifler repérer sa nourriture et, sur terre, héler son harem. Car cet animal vit entouré de ses femelles et petits. Il paraît qu’il perd plus de 15 kilos par jour au moment de la saison des amours pour séduire la belle et repousser les mâles concurrents… Quand nous les avons observés, les éléphants étaient largement repassés dans la catégorie poids lourd.

Les pingouins

S’il est un endroit où il est possible d’approcher les pingouins à moins d’un mètre (autre part que dans l’Antarctique), c’est bien à Valdés. Ces adorables petites créatures sont à croquer (serait-ce ce qui a inspiré le Kinder Pingui ?), avec leur faux air de peluche toute douce. Les pingouins vivent visiblement tous en couple et remontent la plage jusqu’à l’entrée des terres pour nicher. Ils ne sortent de leur tanière qu’à tour de rôle, pour prendre un bain et ramener de quoi nourrir leur partenaire. Nous avons du coup assisté à un véritable concert amoureux, les pingouins s’appelant entre eux ou se faisant des mamours. Autre fait surprenant découvert par Mme R. à ses dépens : les pingouins sont capables de tourner la tête à 180° sans se faire le moindre torticolis pour vous regarder. N’essayez donc pas de les imiter…

Les animaux sur la route

Lorsque l’on se promène sur la péninsule, on peut apercevoir plein d’autres animaux sur le bord de la route, plus ou moins farouches. Le plus rapide de tous (par rapport à sa taille) est le tatou, rebaptisé Speedy Gonzales : ce mammifère est capable de parcourir 50 mètres en quelques secondes pour rejoindre son trou. Vient ensuite le mara, mi-chien mi-cochon d’inde mi-lapin (le compte est bon), assez craintif et qu’on a beaucoup de mal à repérer tant il se confond avec la savane locale. Les guanacos (cousins du lama) et autres émeus sont beaucoup plus simples à photographier, d’une part parce qu’ils sont plus nombreux, mais surtout plus gros. Sans parler des chevaux sauvages, qui ne bougent pas d’un sabot, trop occupés à brouter. Bref, de quoi occuper les longues heures de trajet.

Après avoir rempli 2 cartes mémoires (dont 80% du contenu à jeter il faut bien l’avouer), on aurait pu penser que M. Roucouldoux aurait eu sa dose d’animaux… mais c’était sans compter sur ce superbe moineau aux reflets orangés observé aux abords du Perito Moreno ! À lire prochainement.

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