Visite désordonnée de Kyoto

Kyoto, au même titre que Rome ou Paris, fait partie de ces villes où les nombreux monuments retracent toute l’Histoire d’un pays. Face à une telle richesse patrimoniale, les Roucouldoux ont eu des difficultés à remettre les pièces de cette fresque dans l’ordre.


Pour appréhender autrement la ville de Kyoto, nous vous avons organisé un petit jeu de pistes en mélangeant les récits d’anecdotes et les photos des lieux correspondants. À vous de remettre dans le bon ordre les pièces du puzzle (1 photo pour 1 récit) pour que celui-ci soit complet. Vous trouverez pour les moins courageux la solution tout en bas de l’article. C’est parti !

1. Les singes d’Arashiyama

Aujourd’hui, nous sortons de la ville pour aller voir la colline aux singes d’Arashiyama. Le chemin pour arriver au pied de la colline nous fait passer par une « bambouseraie » (comprendre une mini-forêt de bambous où circulent des tuk-tuk de touristes). Il faut ensuite 20 bonnes minutes de grimpette pour atteindre le point de vue où vous attendent une flopée de macaques qui vaquent à leurs occupations. Certains s’épouillent, d’autres font la sieste, d’autres surtout attendent que vous rentriez dans une grande pièce grillagée pour les nourrir. Et oui, la situation est assez cocasse : ce n’est pas le singe qui est en cage, mais bien vous pour votre propre sécurité ! Alors, qui veut des cacahouètes ?

2. Les ruelles de Gion

Aujourd’hui, nous allons explorer le quartier de Gion, réputé pour ses maisons traditionnelles mais surtout sa concentration de geishas. En effet, bon nombre des geishas vont soit dans les restaurants huppés du quartier, soit dans les théâtres pour donner des représentations de danse. Entre 17h30 et 18h, c’est l’effervescence car les demoiselles sortent dans leurs plus beaux atours et les touristes les chassent littéralement, appareil photo à la main. Nous nous postons à un coin de rue, à côté d’aficionados connaissant toutes les geishas du quartier et collectionnant les clichés. Ceux-ci repèrent de très loin les kimonos colorés et nous les indiquent avant leur arrivée à notre niveau. Nous restons bien sûr le côté pour ne pas gêner le passage de ces jeunes filles et sommes choqués par l’attitude de certains touristes, qui n’hésitent pas à leur barrer la route pour prendre une selfie avec elles. On comprend mieux que la majorité d’entre elles se déplace désormais en taxi, pour plus de tranquillité.

3. Le Nijō-jō

Aujourd’hui, nous nous rendons au château le plus célèbre de Kyoto : le Nijō-jō. Ce complexe a abrité au XVIIe siècle le premier shōgun Tokugawa, Ieyasu. Celui-ci avait eu la bonne idée de faire poser sur tout le sol du château un parquet « rossignol » qui porte bien son nom. Impossible de marcher sans faire le moindre bruit, même en essayant d’avoir la démarche souple et calculée d’un ninja. En revanche, il semble qu’Ieyasu ait été plus léger sur le mobilier. Les pièces, toutes immenses, sont très vides et hormis les très beaux paravents et panneaux muraux ornés de grues et autres animaux, la décoration est limitée. Heureusement, quelques statues de cire sont là pour « meubler » un peu l’espace et raconter le quotidien du shōgun.

4. Le Ryōan-ji

Aujourd’hui, nous avons décidé de faire honneur à la pierre. Jusqu’ici, nous avions vu des jardins zen, des pavillons, des châteaux… mais encore jamais de jardin de pierres ! Direction le Ryōan-ji, temple de l’école zen de Rinzai. Lorsque nous arrivons sur les lieux, nous déambulons longuement dans un grand jardin (de feuilles cette fois) qui nous ravit, avec son petit pont de bois laqué surplombant un bassin de nénuphars. Nous entrons ensuite dans le temple pour arriver devant ce qui fait le clou du spectacle, et là, c’est l’incompréhension. Nous voici face à 15 cailloux austères disposés sans signification particulière apparente au milieu d’un tas d’une mer de gravier gris. Peut-être ne sommes-nous pas assez sensibles au charme du minéral, trop attirés par la banale chlorophylle ?

5. Le Pavillon d’argent

Aujourd’hui, il fait une chaleur estivale. Nous avons décidé de rechercher un peu d’ombre dans les jardins du Pavillon d’argent (Ginkaku-ji). Certes moins impressionnant que son homologue doré (d’autant que le pavillon d’argent n’a jamais été recouvert d’aucun métal précieux, le projet n’ayant pas abouti), ce pavillon a peut-être plus de charme grâce au magnifique écrin de verdure qui l’entoure. Bouquets d’azalées en fleur, forêts de bambous, bonzaïs soigneusement taillés, mousses délicates en guise de gazon, tout ce décor respire la fraîcheur et se marie parfaitement avec l’architecture mêlant le bois et la pierre. Mme R. rêve de pouvoir un jour posséder un tel jardin, qui irait si bien avec la maison japonaise visitée à Sapporo.

6. Le chemin des philosophes

Aujourd’hui, nous partons arpenter le chemin des philosophes, connu pour son canal arboré et parce que le philosophe Nishida Kitarō s’y serait promené, perdu dans ses pensées. À notre tour, nous laissons nos idées suivre leur cheminement et quand les Roucouldoux philosophent, cela donne du grand n’importe quoi : « que penses-tu du bonheur de la contemplation ? Non, que dis-je, tatatum temporis, de l’état de bien-être intérieur lié à la beauté de l’instant présent ? » déclame M. R, se prenant pour un Socrate des temps modernes. Madame ne daigne pas répondre à ce verbiage pompeux et se concentre plutôt sur le paysage très pittoresque. Le célèbre canal, noyé dans la verdure, est bordé de deux petites allées pavées, et de très jolies maisons. Ici, tout paraît calme et ce quartier résidentiel ne ressemble en rien au centre-ville animé. Sur un banc, on aperçoit trois chats en train de faire la sieste : ils ont tout compris et profitent pleinement de « l’instant présent ».

7. Les torii de Fushimi-Inari Teisha

Aujourd’hui, nous partons marcher à Fushimi-Inari Teisha. Même si ce nom ne vous dit rien, vous avez sans doute déjà vu une photo de passants se promenant dans une splendide allée de torii rouges. Une fois sur place, nous découvrons derrière le complexe de temples des milliers de portes couleur vermillon formant une arcade ombragée dans la montagne. Nous commençons par compter les torii, mais abandonnons très vite et sommes surpris de voir la longueur du sentier qui chemine sur Inariyama. Parfois surgissent à proximité des torii des contre-allées menant à de petits autels remplis de statues de renards. Car cet animal sacré pour les Japonais est le messager du dieu Inari, le dieu de la récolte du riz (et du business par la suite). Sur le retour, nous croisons un homme en train de repeindre consciencieusement l’un des torii abîmés par le temps ; voici un métier digne du supplice de Sisyphe.

8. Le Pavillon d’or

Aujourd’hui, nous partons visiter le Kinkaku-ji, autrement dit le Pavillon d’or. C’est sans doute l’un des symboles les plus emblématiques du Japon et nous nous attendons à croiser beaucoup de monde. Après 40 bonnes minutes de bus, nous suivons un flot de marée humaine sous la pluie (qui n’a découragé personne, semble-t-il) pour arriver à l’entrée de l’enceinte. Pour la petite histoire, ce pavillon qui a d’abord servi de villégiature, puis de temple, a été brûlé par un moine dérangé en 1950. Ce que nous avons sous les yeux est donc une reconstruction à l’identique de l’ancien pavillon. La couleur dorée sur les murs de la pagode illumine le paysage dont les teintes grises et vertes du jardin se reflètent dans le bassin central. Dommage de ne pouvoir visiter l’intérieur, quand on sait que la salle du dernier étage, entièrement dorée, contient une piscine (on imagine bien le  shōgun de l’époque faire quelques longueurs – ou plus vraisemblablement « courteurs » compte tenu de la taille du bâtiment – de grand matin, avant d’aller boire le thé dans son jardin zen)…

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