The beach

Le golfe de Thaïlande est réputé pour ses milliers d’îles paradisiaques aux eaux turquoise. Il ne restait plus qu’à choisir notre destination : cette année, c’est Noël à Koh Phangan !


En réalité, nous avons partagé nos quinze jours de plage (trop rares dans ce tour du monde !) entre deux îles du sud : Koh Tao pour apprendre la plongée et Koh Phangan pour faire la fête, histoire de varier les plaisirs.

Ton PADI tu passeras

Venir à Koh Tao depuis l’ouest de la Thaïlande se mérite : mieux vaut prendre de la lecture et aimer passer du temps (beaucoup de temps) dans les transports. Mais pour les expérimentés que nous sommes (on a quand même en mémoire 26 heures de bus pour faire Santiago-Atacama), cela ne nous fait plus peur. Juste mal aux fesses et aux yeux. Résultat des courses en 24h : 3 bus (il fallait sortir de la jungle de Thong Pha Phum), 2 heures d’attente de 4 à 6h à lutter contre le sommeil en se faisant manger par les moustiques et 1 bateau. Et nous voici fraîchement (ou presque…) arrivés sur l’embarcadère de l’île où les rabatteurs nous harcèlent de tous les côtés. Mais cette fois, nous ne cédons pas (ils apprennent vite…). Car nous avons en tête un plan : trouver le club de plongée repéré la veille dans un magazine, qui a bonne réputation et offre en plus le logement le temps de la formation. En effet, il est difficile de se faire une idée et de choisir un centre de plongée en arrivant à Koh Tao, étant donné qu’il y a la plus grosse concentration au monde de clubs sur l’île (toute petite), célèbre pour ses fonds marins. Après quelques embrouilles (M. Roucouldoux n’ayant pas pensé à noter l’adresse dudit club et étant dyslexique des noms propres), nous finissons par trouver notre endroit et atterrissons devant « Impian Divers », où le melting-pot bat son plein. Dans ce centre hollandais à l’origine, on entend parler anglais, allemand, français, thai (et hollandais bien sûr). Robert, le gérant, prend rapidement les choses en main et inscrit M. R. à la formation niveau 1 du PADI, pendant que Mme R. lit par-dessus l’épaule de son époux la décharge de responsabilité en cas d’accident (brrrrr…). Mais arrêtons-nous un instant sur la situation : comment se fait-il que seul M. R. passe le diplôme ? La réponse est très simple : derrière la vraie-fausse excuse d’avoir mal aux oreilles sous l’eau, Mme R. n’a pas confiance en elle et la trouille que la plongée se déroule mal. Heureusement arrive à point nommé un instructeur antillais qui s’étonne de voir Mme R. livrée à elle-même. En moins de 10 minutes (il faut quand même un argumentaire béton), celui-ci réussit à 1) rassurer Madame ; 2) la persuader qu’elle n’aura aucun souci ; 3) l’inscrire à un baptême (on ne va pas aller trop loin non plus, hein…) ; 4) toucher sa comm’ ? (non, ce n’est pas le style du club). Ce seront donc deux Roucouldoux qui seront à l’eau, contrairement au plan initialement prévu…

Le lendemain, rendez-vous à 9h pour… retourner en classe ! Et oui, avant de plonger, quelques heures de formation intensive s’imposent. Nous sympathisons avec Niek (un Hollandais évidemment), qui sera notre instructeur pour 3 jours très studieux. Nous ingurgitons consciencieusement les règles de plongée, le langage des signes, la théorie sur le matériel en nous demandant comment on va pouvoir retenir et appliquer tout ça sous l’eau (il serait dommage de confondre le signe « je n’ai plus d’air » avec « Ok, tout va bien »). Une fois le déjeuner avalé en 4e vitesse (les plongeurs mangent tôt), direction le bateau avec tout l’équipement nécessaire. Mme R. sent la pression monter mais la mer est calme. Nous nous dirigeons tout doucement vers le premier spot de plongée, tandis que les occupants du bateau plaisantent, dansent au son du reggae, profitent du soleil. Après avoir passé avec succès le test des 10 minutes de nage autour du bateau sans couler, nous nous équipons de nos masques, tubas, bouteilles et palmes pour aller vers la côte faire nos premiers exercices sous l’eau. Un autre participant de notre groupe commence à paniquer et fait demi-tour, ce qui a pour effet inverse de conforter Mme R., constatant que tout roule de son côté. Décompressant toutes les 10 secondes (au lieu d’1 à 2 fois par minute), elle arrive sans souci à descendre progressivement sous l’eau et découvre la sensation magique de pouvoir respirer comme Nemo tout en nageant. Le tout est d’apprendre à calmer sa respiration (parce que pour l’instant, elle vide ses bouteilles à la vitesse de l’éclair), contrôler ses mouvements (en gros arrêter d’utiliser les bras … pas si évident) et ainsi rester en mer plus longtemps. Le plus dur est fait, Mme R. se décide alors à passer elle aussi son PADI, sous le regard admiratif de son amoureux !

Mais c’est sans compter sur les aléas climatiques du 2e jour, qui vont mettre à rude épreuve nos candidats. Les cours reprennent de plis belle (d’autant que les Roucouldoux ont révisé une bonne partie de la soirée pour être au point sur les quizz), et arrive l’heure du déjeuner où bizarrement, Mme R. n’a pas très faim et se concentre plus sur le ciel chargé de nuages et la houle. Les cachets contre le mal de mer n’y feront rien, la nausée commence à se faire sentir. Qu’à cela ne tienne, nous nous mettons à l’eau pour faire des exercices en surface. Et là, Mme R. perd toute crédibilité entre deux grosses vagues : le plat de nouilles du midi ressort instantanément. « Food for fish », nous dit Niek en rigolant. Nous descendons en profondeur pour être moins ballotés par les vagues, mais les crampes d’estomac sont toujours là. Vaillamment Mme R. résiste tant qu’elle peut sous l’eau, pour ne pas avoir à vomir dans son détendeur et continuer à respirer l’air quelque peu vicié. Mais une fois à la surface, rien ne va plus… On se passera donc pour cette fois d’une autre plongée et le trajet du retour n’aura jamais paru aussi long !

3e et dernier jour : il faut rattraper le temps perdu la veille et réussir l’examen. Les Roucouldoux (plus motivés que jamais), enchaînent les tests sans difficulté. C’est l’après-midi que tout se joue : 3 plongées les attendent, avec une mer moins agitée (ouf !), et au bout la victoire. On se remet à l’eau avec un peu de stress, mais tout se passe comme sur des roulettes : même l’exercice d’orientation sous l’eau n’effraie pas Mme R. (qui s’accroche à sa boussole et ne quitte pas des yeux Monsieur, plus doué qu’elle), malgré une visibilité nulle ! De retour au centre, Niek nous félicite : nous voici « Open Water certified » ! Autrement dit, nous pouvons désormais plonger jusqu’à 18 mètres partout dans le monde. Et ça, c’est la classe !

Mais ces trois jours de formation ne nous auront pas laissé une minute pour explorer l’île. Nous profitons donc des quelques jours restants pour sillonner les environs et partir à la recherche des criques encore sauvages et des points de vue à couper le souffle. Les belles plages ne manquent pas à Koh Tao et dès que nous le pouvons, nous faisons un peu de snorkelling pour découvrir la faune aquatique. Nous n’aurons pas vu de requin à pointe noire (« tant mieux dans un sens » se dit Mme R., jamais très rassurée devant ces créatures) ni de tortue cette fois, le courant étant trop fort pour que nous puissions nous aventurer loin du bord. En revanche, les bancs de perroquets et poissons bannière sont légion et font la joie des baigneurs (quand ils ne finissent pas dans votre assiette le midi, car les pêcheurs ne sont jamais bien loin).

La Full Moon : entre mythe et réalité

Allant sur l’île de Koh Phangan pour quelques jours, il était impossible de ne pas tester par nous-mêmes l’événement de la « Full Moon ». Véritable lieu de débauche où les jeunes errent défoncés sur la plage pour les uns, temple de la fête et des rythmes électros pour les autres, Koh Phangan a une réputation sulfureuse dans l’archipel, à l’image d’Ibiza aux Baléares. Nous avons donc profité de la période de Noël pour participer à l’événement et vous résumer les bons et mauvais côtés.

Premier constat : il vaut mieux réserver à l’avance son logement si l’on veut éviter de faire exploser son budget en 2 nuits. Les prix des chambres, même la plus basique (avec juste 1 lit, 1 ventilo et SDB sur le palier), peuvent être multipliés par 7 du jour au lendemain, avec obligation dans plusieurs hôtels de réserver 7 nuits d’affilée… Nous avons donc souvent changé d’établissement pour fuir les tarifs prohibitifs. Le plus drôle reste le moment où vous découvrez que votre chambre, pieds dans l’eau, va aussi donner directement sur la piste de danse (= la plage) pendant une semaine.

Dans les îles, le moyen de transport reste une vraie problématique si vous comptez vous déplacer un minimum. Nous l’avons vite compris en arrivant sur l’île. Équipés de nos gros sacs, nous avons été obligés de monter dans un minibus-taxi, qui coûte très cher (100 Bath pour 10 minutes de route, là où le trajet de train Bangkok-Ayutthaya d’1h30 en coûtait 20. On chipote pour 44 centimes contre 2,5€, quand la course nous reviendrait au moins à 15€ à Paris, mais quand même…). Une Allemande qui se fait déposer avant nous demande au chauffeur s’il existe un réseau de bus dans l’île. Celui-ci lui répond en montrant son taxi ! Bref, c’est l’arnaque, d’autant que le tarif de nuit en fin de soirée est encore plus salé. On remarquera par la suite qu’en fait, tout le monde sur l’île se fait « taxi », à partir du moment où il a un pick-up et peut transporter des gens à l’arrière. Pratique pour payer l’essence… Nous décidons donc que pour les trajets suivants, nous louerons un scooter mais comme il faut choisir entre boire et conduire, et bien nous ne testerons pas les seaux d’alcool servis à la Full Moon. Plus radin… plus serein !

Mais encore faut-il savoir à quelle soirée vous souhaitez aller. Car le phénomène de la « Full Moon » est tellement développé sur l’île qu’il est décliné sous toutes les formes, chaque phase de la lune devenant un prétexte pour faire la fête : on a donc au programme « Black Moon », « Half Moon », « Shivamoon », et d’autres soirées complètement en dehors des histoires calendaires comme « Jungle Experience », « Waterfall party », « Boat party ». Bref, il y en a pour tous les goûts, pour tous les soirs et pour tous les styles, à en croire les panneaux publicitaires sur le bord de la route. Personnellement, nous avons testé la fausse « Half Moon » du 24 et la fausse « Full Moon » du 25 décembre (les vraies dates ayant déjà eu lieu, il faut bien trouver une raison de festoyer pour les fêtes de Noël). En arrivant à la première soirée, nous avons eu une grosse demi-heure de doute en voyant l’état d’excitation des gens faisant la queue (gigantesque) pour acheter leurs billets. Ira, ira pas ??? Mais une fois à l’intérieur, l’ambiance est très bon enfant et les jeux de lumière fluorescente valent le détour. Tout le monde se fait « tatouer » le temps d’une soirée des motifs réagissant à la lumière noire et c’est le rendez-vous des artistes. Il y a ceux qui veulent faire « m’as-tu vu » avec un énorme dragon recouvrant tout le dos, ceux qui veulent vous hypnotiser avec un hibou sur le crane rasé (véridique !), ceux qui veulent la jouer tendance avec de grandes flammes le long de la jambe, ceux qui la jouent chic et discret avec de petits points sur le visage, ceux qui sont franchement ridicules avec leur « 7 Eleven » (chaîne de supermarché) sur le torse, et ceux qui la jouent chiche en ayant eux-mêmes peinturluré leur bras ou une autre partie du corps (beaucoup moins esthétique…). Nous vous laissons deviner dans quelle catégorie nous nous sommes rangés.

Les soirées sur la plage (Full Moon) sont dans un autre esprit : il y a un côté plaisant à pouvoir danser au bord de la mer (ou littéralement dans l’eau selon votre envie de vous mouiller… ou le degré d’alcool de certains), tout en admirant la baie entièrement illuminée pour l’occasion. Les cracheurs de feu et autres artistes sont légion et sont d’ailleurs pour la plupart très jeunes (il n’y a visiblement pas d’âge minimum légal pour travailler en Thaïlande). La foule semble attirée par leurs bâtons de feu et de petits malins essayent à leurs risques et périls de rivaliser avec eux, en jouer à la corde à sauter… enflammée bien sûr (concours de qui a la plus grosse…). Les Full Moon attirent aussi une autre grande réputation de la Thaïlande : les ladyboys. On ne sait jamais s’il faut dire « elle » ou « il » en les voyant, mais on devine toujours qu’il y a un truc qui cloche : trop mince pour être une fille, une pomme d’Adam dissimulée, une poitrine bien trop mise en avant, des cheveux qui paraissent très lisses, et surtout la voix… Cela fait partie du folklore et reste assez amusant à regarder, tant qu’on ne se trompe pas sur l’identité de la personne (on soupçonne quelques touristes trop avinés ou recherchant l’exotisme d’avoir été surpris par leur service trois pièces). Dans tous les cas, nous n’avons pas vu de débordements ni de choses « trash ». Peut-être sommes-nous partis trop tôt, mais de toute manière les secours ne sont jamais loin…

Cependant, Koh Phangan a aussi un autre visage plus calme et sauvage en dehors de l’activité nocturne. Cette île conserve encore des plages isolées, véritables havres de paix pour se reposer de l’agitation. Et tout l’intérieur de l’île, que nous avons parcouru en scooter, reste boisé et considéré comme un parc naturel, avec ses cascades et montagnes. Un bon moyen d’éviter de croiser des touristes, en général concentrés sur les spots de la côte. Néanmoins, ces deux semaines de farniente au soleil nous auront donné l’impression de ne plus être du tout en Thaïlande, car nous avons vu plus de touristes que de Thaï. C’est malheureusement sans doute le prix à payer quand on se rend dans un coin paradisiaque…

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