Paris > Miami > Lima

On l’avait imaginé de bien des façons ce départ. Depuis plus d’un an on se voyait dans l’avion direction le Pérou via Miami, pleins d’excitation. Mais mère Nature semble être capricieuse et nous l’a fait savoir dès notre arrivée à Roissy. Tout a commencé par une offre trop généreuse pour être vraie…

Cette journée du 28 juillet avait pourtant débuté sous de bons augures. Après un réveil fort matinal, nos amis nous avaient très gentiment accompagnés à Roissy en voiture (grand luxe que l’on pouvait encore s’offrir une ultime fois) et nous dire au revoir.

Une fois arrivés à la zone d’enregistrement d’American Airlines, nous sommes abordés par une charmante hôtesse qui nous fait l’offre suivante : notre avion étant surbooké, la compagnie nous propose de partir seulement demain matin, moyennant une nuit d’hôtel et un dédommagement de… 800$ par personne ! Après un rapide calcul et un échange télépathique (« A-t-on besoin de cet argent pour partir ? » « Non, et puis ça fait un an qu’on attend ce jour alors on s’en fiche, on reste sur le vol initial et en plus, j’ai trop mal au bide pour revivre ça.» « Ok, mais ça aurait quand même pu nous aider pendant le trajet.»), nous refusons l’offre, fiers de rester droits dans nos bottes sans céder aux sirènes capitalistiques de Satan. Nous enregistrons tranquillement nos deux bagages (alias nos gros sacs à dos, mais cachés dans une housse de protection noire standard, histoire de ne pas attirer l’œil), remercions la larme à l’œil nos amis et partons d’un pas alerte vers l’aventure.

Nous ne pensions pas que celle-ci arriverait dès l’atterrissage à Miami, suite à 10 heures de vol sans incident. La chanson « Welcome to Miami » de Will Smith tournant en boucle dans nos têtes, nous descendons de l’avion surpris par la chaleur (32°C en comparaison des 19°C de l’avion avec la clim à fond, c’est un peu brutal), mais contents de fouler le sol américain. Aucun souci en vue au poste de contrôle, direction le tapis pour récupérer les bagages que nous devons réenregistrer pour notre second vol en direction de Lima, 2 heures plus tard. « Bon, c’est tout juste niveau timing. Ça devrait le faire, s’il n’y a pas trop d’attente. » Et c’est là que tout notre magnifique programme s’effondre. Le sac d’Etienne apparaît très vite (trop vite), alors que le mien n’arrive jamais ! Malgré une demi-heure d’attente à espérer, se rassurer, s’énerver, quémander des renseignements : rien n’y fait, mon sac s’est volatilisé dans la nature et personne ne sait où il se trouve.

Nous voilà alors rattrapés par la grande horloge du temps. Il ne faudrait pas en plus rater notre correspondance. La mort dans l’âme (je repense au contenu de mon sac et me demande comment je vais tenir avec les shorts et tee-shirts d’Etienne), je suis piteusement Etienne qui court littéralement vers le mauvais comptoir, pensant que nous étions sur la même compagnie. Heureusement, au moment de déposer le sac rescapé sur le tapis, l’employé se rend compte de notre erreur, rattrape ledit bagage, et nous dit de filer à l’autre bout de l’aéroport.

S’enchaîne une course effrénée jusqu’au bon terminal pour réenregistrer le bagage. L’aéroport de Miami, on le connaît désormais comme notre poche, à force de l’avoir arpenté dans tous les sens. Nous arrivons tout essoufflés devant le bon comptoir et expliquons nos tracas. Mais là, un second obstacle se dresse sur notre route : hormis le fait qu’il faille tout expliquer en espagnol puisque le personnel de LAN ne parle pas anglais (et quand on est stressé, ce n’est pas évident), l’hôtesse nous explique que notre avion a été annulé !!! Grand moment de solitude : Etienne bugge, parce qu’il a bien compris l’information, mais dans sa tête il se dit : « c’est impossible ! pas deux tuiles d’affilée ! », et moi, je tente vainement d’interpréter son visage déconfit (tentative de recherche de vocabulaire, ou y’a encore un pépin ?). On nous propose alors, plutôt que de tester les fauteuils en métal de l’aéroport, de rejoindre le Marriott le plus proche et d’y passer une courte nuit avant de reprendre l’avion le lendemain à… 5 heures du matin (à croire qu’ils le font exprès).

Résolument fatalistes et décidés à essayer de se reposer un peu, nous nous rendons vers l’hôtel prévu, après avoir encore traversé l’aéroport pour quand même faire une demande de réclamation pour ce p… de sac, qui apparemment, serait resté à Paris. Bref, on ne pourra rien faire tant qu’on ne sera pas à Lima pour lancer le FBI local des bagages à la recherche de nos affaires.

Nous arrivons enfin au Marriott (on a raté bien sûr la première navette qui devait nous y emmener, n’étant plus très frais et opérationnels) et sommes touchés et ragaillardis par la gentillesse du personnel, la chaleur de la piscine et la taille du lit king size. Après tout, nous n’aurons jamais aussi bien durant tout notre périple donc autant prendre son mal en patience et en profiter !

Reste une question en suspens : où se trouve ce maudit sac ?! L’avenir nous le dira…



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