Toutes les pistes mènent au Salar

Si vous avez un jour hésité à mettre le pied en Bolivie, voici 10 bonnes raisons de vous motiver à venir jusque dans le Sud Lípez pour découvrir la richesse de cette région et ne pas vous en tenir au célèbre Salar d’Uyuni.
Quand on pense à la Bolivie, on imagine souvent les photos du Salar d’Uyuni, cette immense mer de sel d’un blanc immaculé où nombre de touristes profitent de la perspective infinie pour prendre les poses les plus loufoques (« Oh ! On sort d’une boîte de Pringles… ». Ringard, on ne s’est pas abaissé à cela). Nous avons voulu prendre la route en sens inverse pour vous prouver que le Sud Lípez n’avait rien à envier à Uyuni. Au contraire, il le mettait d’autant plus en valeur qu’il s’agissait du point d’orgue d’un périple de 4 jours.

1) Former un groupe d’aventuriers

Fantastic Four !

Lorsqu’on prévoit un trek sur plusieurs jours, qui plus est à bord du même véhicule, mieux vaut être en bonne compagnie. Nous avons eu la sagesse de préparer notre excursion avec nos compagnons de route Cécile et Aurélien (un autre couple parti à l’aventure pour un an). Ceux-ci ont donc pu bénéficier de l’humour décoiffant de M. Roucouldoux, contrastant avec le silence de Mme R. (malade en voiture). Mais un autre groupe que nous avons croisé eut beaucoup moins de chance : trois jeunes filles ont dû partager leur jeep et leur chambre avec MMF (ie. le Mysterious Mister F.), qui avait le don de répéter la même chose à toute personne passant à sa portée et d’apparaître subrepticement par derrière lorsque vous vous isolez (même quand vous pensez être tranquille aux toilettes à 2h du mat’…).




2) Tourner un western spaghetti

Shérif pour vous servir

Armés de nos meilleures montures (celles que l’on a bien voulu nous laisser prendre) et d’un équipement digne du cowboy moderne (la bombe remplaçant le Stetson), nous sommes partis au petit trot (triple galop selon M. R.) découvrir le Canyon del Inca pour revivre les grandes heures du cinéma italien. Dans un décor de far west, nous avons tenté de rejouer Fort Alamo… mais sans les Indiens car il n’y avait en fait personne dans le coin, à part notre guide âgé de 22 ans (pour une fois majeur !). Ce dernier avait d’ailleurs vu en Mme R. une parfaite bilingue espagnole et ne s’est adressé qu’à elle lors de nos 3 heures de chevauchée (à titre d’indication, c’était clairement la moins douée des 4 cavaliers…).



3) Travailler ses fessiers

Sur la « route »

Qui dit jeep dit piste… Nous savions que nous allions enchaîner les kilomètres (2 200 en tout, d’après notre guide peu doué avec les chiffres), mais nous n’avions pas mesuré à quel point cela allait mettre notre corps à l’épreuve. Même si certaines places sont plus confortables que d’autres, l’état de la piste bolivienne est tel que nos fessiers s’en souviennent encore. Quand en plus votre chauffeur se prend pour Sébastien Loeb, ça n’aide pas… Mais c’est le prix à payer pour voir de beaux paysages, alors on prend son mal en patience et on n’essaye de ne pas trop écraser son voisin. Pour information, quand on dit « pas de photos par la fenêtre », prenez le conseil au sérieux (valable pour M. Roucouldoux et Aurélien, qui ont totalisé à eux deux une bonne centaine de photos artistiques floues à l’horizon très penché).




4) Défier le lama

La victime avant l’impact

M. Roucouldoux s’était fixé pour mission dès le début de notre voyage de rencontrer un lama et tester son caractère, si bien décrit dans Tintin et le temple du Soleil. Il dut s’y reprendre à plusieurs fois avant de pouvoir approcher le farouche animal, car ces petites bêtes poilues vivent en liberté et courent plutôt vite (eh oui, elles ont 4 pattes quand on en a 2). Après quelques essais infructueux (les « petit, petit, petit » ne fonctionnent pas sur les lamas, ni les « chiquito, chiquito, chiquito » d’ailleurs), il réussit à provoquer l’un d’entre eux (il s’était au préalable recouvert de son K-way en gore-tex) en lui lançant son plus beau crachat, préparé depuis 2 jours. Il en fut quitte pour une absence de réaction totale… Bref, la sagesse des lamas dépasse de loin l’imbécilité des hommes.




5) Entretenir sa ligne

Petit creux ? Pas de problème…

Ce fut un vrai défi que d’essayer de faire honneur à tous les mets que nous avons vu défiler durant ce périple. Quand nous ne finissions pas toutes les casseroles, la cuisinière nous regardait de travers d’autant que tous les restes allaient directement à la poubelle. Refusant un tel gâchis, nous avons donc dit adieu à notre ligne et avons volontairement pris un kilo par jour (surtout que nous ne faisions pas d’autre activité sportive que de regarder les paysages à travers la vitre de la voiture… Même si d’après Aurélien, « la jeep, ça creuse ! »). Mais c’était pour la bonne cause ! Nous en sommes même arrivés à réclamer par avance nos éventuels goûters pour être sûrs d’être bien vus. Bref, nous nous sommes métamorphosés en « ventres sur pattes ».






6) Résoudre l’énigme du village fantôme

« Je vais exterminer la race humaine »

Lors de notre course à travers les grands espaces désertiques, nous avons fait halte dans un étrange village où il ne restait plus que des ruines de maisons et où la nature semblait avoir repris ses droits. Selon la légende du coin, il s’agissait d’un ancien village inca, dont la population avait été exterminée en grande partie par les Espagnols, à cause du travail forcé dans les mines voisines. Les habitants avaient finalement déserté le village, car on disait que la nuit, l’on pouvait entendre les fantômes des mineurs gémir. Néanmoins, nous avons une autre théorie pour expliquer la disparition de la population : en effet lors de notre visite du village, nous fûmes confrontés à un étrange animal, mi-lapin mi-kangourou, sévissant en meute dans les ruines à l’abandon. Le jour, ces petits mammifères se nourrissent exclusivement de légumes et leur côté peluche endort la vigilance des potentielles victimes. Qui ne dit pas que la nuit, ces animaux se transforment en monstres féroces pour dévorer de leurs grandes dents acérées les habitants… ?



7) Tester l’eau des lagunes

Miroir mon beau miroir

On ne compte plus le nombre de lagunes que nous avons croisées durant le trajet : chacune d’entre elles était différente, d’une eau plus ou plus colorée, allant du bleu turquoise au rouge vermillon. Certaines offraient même des températures tout à fait correctes pour daigner y tremper le doigt de pied (30°, pas moins, selon le baromètre des Roucouldoux). Néanmoins, nous n’avons guère pu étancher notre soif de ce côté-là, car la pureté de l’eau n’était que visuelle : telle lagune contenait du sulfate de potassium, telle autre du bore, et autres joyeusetés. On comprend mieux la palette de couleurs surréalistes. Ceci dit, cela n’avait pas l’air de gêner les milliers de flamants roses, qui avaient du coup la piscine pour eux tous seuls.





8) Cultiver son jardin

El arbol de piedra

Dans le Sud Lípez, la végétation se fait rare et le plus souvent aride. La plupart des bosquets (endroits préférés de Mme R. … devinez pourquoi) étaient épineux quand il y en avait. On comprend donc que les quelques villageois des alentours vivent surtout de l’élevage de lamas et des mines, et non de l’agriculture. Le seul arbre qui ait vraiment retenu notre attention était l’arbre de pierre… une étrange sculpture naturelle, plantée au beau milieu d’un village… de pierre. Une autre curiosité locale s’appelle « le désert de Dalí ». Imaginez une mer de sable au pied de hautes montagnes, parsemée de roches volcaniques aux formes improbables. Quand on dit « parsemé », il faut comprendre « une vingtaine de gros cailloux perdus en plein désert » (d’où la comparaison avec les tableaux de Dalí).





« Le moins que l’on puisse demander à une sculpture, c’est qu’elle ne bouge pas. »

Salvador Dalí

9) Se prendre pour Jésus

Monticules de sel

[Spoiler alert] Attention, ne pas lire la suite vous n’avez pas vu la dernière saison du Nouveau Testament [/Spoiler alert]. Maintenant que les précautions d’usage sont prises, nous pouvons vous révéler comment Jésus a réussi à marcher sur l’eau. Non, ce n’est pas un miracle. La preuve. Lors de notre dernière journée de trek (on ne vous raconte pas l’état de nos fessiers à ce moment-là), nous sommes finalement arrivés au point d’orgue de notre périple : le Salar d’Uyuni. Il s’agit d’un ancien lac salé dont l’eau s’est entièrement évaporée il y a 10 000 ans. La superficie du Salar représente plus de 10 500 km² (on parle de plus de 4 fois la superficie de la Réunion), soit un lac suffisamment grand pour être comparé à une mer. Lors de la saison des pluies, une fine pellicule d’eau recouvre le Salar, se transformant ainsi en un véritable miroir reflétant le bleu du ciel… Vous nous voyez venir ? Il ne reste plus qu’à expliquer comment Jésus s’est retrouvé en Bolivie.




10) Se frotter aux cactus

Mme R. en pince pour le cacté

Au beau milieu du Salar d’Uyuni existe une île étrange dont on se demande encore comment elle a pu émerger. La dénommée Isla del Pescado (parce qu’elle a soi-disant une forme de poisson vu d’en haut, mais on n’a pas pu vérifier → rebaptisée Isla del Mytho par M. R.) est entièrement recouverte de milliers de cactus millénaires (précision de notre guide : « des cactus millénaires sont des cactus âgés de 1000 ans »), et l’on marche en réalité sur des coussins de coraux fossilisés. Alors quand on voit autant de cactus, on ne peut s’empêcher de penser à Dutronc et d’aller toucher les épines… Et devinez quoi ? Eh bien, même après 1000 ans, ça pique toujours les cactus.

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